27 février 2012

3REG : Valentin

Texte intégral :

Une Empreinte


Il y a des soirs où rien ne va comme on le voudrait.
Des soirs comme ça où la musique est trop forte, mal choisie et pleine de fausses notes.
Des soirs comme ça où elle fracasse le crâne par son arythmie résonnante.
Des soirs comme ça où tout ce qui sort de notre bouche ne ressemble qu'à un ramassis informe de platitudes ineptes et mal agencées.
Des soirs où on s'essaye même à dire des plaisanteries qui ne font rire personne.
Des soirs comme ça où la belle brune danse avec tout le reste du monde, surtout ce grand brun aux muscles saillants qui porte un T-shirt de "V pour vandetta".
Des soirs qui sonnent faux, des soirs où on a envie de dire merde à ce monde qui suinte partout de faux amour à tendance perverse hyper-sexuelle.
Des soirs où on finit par rentrer en zigzaguant à cause de l'alcool.
Des soirs où même celui-ci n'a pas réussi à nous rendre euphorique.
Des soirs où en fermant les yeux dans notre lit on se sent juste misérable.
Des soirs comme ça où on arrive à relativiser en pensant que quelque part dans le monde il y a certainement quelqu'un entrain de se battre pour survivre.
Des soirs où on compare son malheur avec le bonheur des autres.
Des soirs de célibat. Des soirs de saloperie de St Valentin.
La soirée avait pourtant bien commencé, j'avais repassé ma plus belle chemise, enfilé ma meilleure paire de Jeans, attaché mes souliers noirs parfaitement cirés. Je m'étais même coiffé, rasé et parfumé, j'étais prêt. Ce soir là il y aurait cette fille, brune, souriante, au regard accrocheur et à l'accent marqué que j'avais rencontré deux semaines auparavant. Elle avait alors rendu ma soirée si agréable qu'elle avait laissé une petite empreinte dans ma mémoire, comme les pattes d'un chat laissent immanquablement des traces dans la neige fraîchement tombée.

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